Pourrais-je guérir un jour de ma boulimie ?


« La vie est injuste, tu sais », me dit-elle. »Y a des gens qui arrêtent de fumer et 2 ans après, ils n’ont plus du tout envie. D’autres, après 10 ans d’arrêt, ont toujours envie de fumer. Il est possible que tu doives y travailler tous les jours. Il est possible que ne pas manger quand tu n’as pas faim, ce soit difficile pendant tout le reste ta vie. »

Je sens les larmes envahir mes yeux subitement.

Non parce que je veux bien me battre pour guérir de ces satanées crises de boulimie, mais le courage, je le trouve parce que je sais qu’un jour, ce sera fini. Un jour, je serai guérie.

Je n’ai juste pas l’énergie de lutter toute ma vie. C’est trop dur.

« Dans ce cas, autant arrêter de lutter tout de suite. Ça vaut pas le coup, » lui répond-je dans un élan de découragement extrême. Les sanglots arrivent en masse et se roulent en boule dans ma gorge en attendant un moment de faiblesse pour éclater. Les larmes, elles, sortent sans même demander la permission.

« Pourquoi c’est si dur ? Ce chagrin a l’air démesuré comparé à cette chose si normale et banale qu’est être à l’écoute de son corps, présente à soi. »

Elle en parle comme si c’était facile, comme si je pouvais décider tout simplement d’y arriver. Et je ne peux même pas le lui dire. Je sais qu’elle va me rétorquer que bien sûr que je peux le décider, que c’est en mon pouvoir.

Et je n’ai pas envie d’entendre ça.

Je sais qu’elle veut me dire « Tu es maître de ta vie, tu as le pouvoir de régler tes problèmes, de faire ton propre bonheur » ou un truc dans le genre. Pourtant je ne peux pas m’empêcher d’entendre « C’est ton problème, secoue-toi un peu si tu veux y arriver ! Tu n’as pas honte de te cacher derrière de si petits problèmes ? Au final tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même si tu es comme ça. »

Je me sens perdue.

Plus que jamais, j’ai envie de me cacher, pour pleurer. Rester seule, seule avec mes problèmes, qui n’en sont que parce qu’il faut gérer les autres, leur regard, leurs opinions.

J’en ai marre d’être seule. Mais j’en ai marre des autres.

Vite. Une cuillère, un pot de Nutella, une cachette. Me blottir. Et manger.

Information et Liens

Rejoignez le groupe en commentant, traquant ce que les autres ont à dire, ou en pointant depuis vôtre blog.


Autres Posts

Commentaires des Lecteurs

Hier, alors que nous marchions dans la neige avec mon mari, j’évoquais la conversation téléphonique que j’avais eu avec ma mère le matin. Elle me disait que mon père devait se remettre au régime… et j’ai dit à mon mari « tu te rends compte, à presque 80 ans ! Et j’ai eu comme toi cette détresse de me dire que moi aussi j’aurais sans doute passé ma vie en restriction constante (parce que même si je me lâche souvent, dans ma tête je reste en restriction, je culpabilise…)
Et puis je reprends confiance…

Cela fait presque 11 mois que tu as écris cet article et je pense qu’il y a de l’eau qui a coulé sous les ponts, mais je tiens à dire que je comprends, que je me suis moi aussi déja effondrée en larmes lorsque je trouvais cela trop dur, que je n’en pouvais plus…
Mais depuis quelques temps je commence à apercevoir une porte de sortie. Encore lointaine, c’est sur, et parfois dans le brouillard, mais elle est là, je le sais…et je sais que je n’aurais pas à passer ma vie dans cette galère…

Maintenant si moi j’en vois le bout, il n’y a pas de raison que qui que ce soit d’autre n’y parvienne pas…Pas que je me dénigre non, pour une fois…C’est juste que l’on est tous des êtres humains basés sur les mêmes besoins essentiels, sur les mêmes soifs d’amour et faim de reconnaissance et que tous un jour on a l’occasion de les trouver…

Maintenant je vais faire un truc que je n’aime pas faire en général…Mais je me sens seule là-bas…Voilà, j’ai fait un blog ou je me met par moments à nu, par moments je m’habille un peu…Mais il n’y a personne à côté pour me donner son avis, pour m’aider dans ma recherche d’identité…Si tu en a l’envie, vient me rendre visite sur http://le-nvo-moa.blogspot.com/.