Pourquoi je mange même quand j’ai pas faim ?


Comme je disais hier, ce nouveau « régime », il est simple: il suffit de manger quand on a faim, et d’arrêter quand on a plus faim. Non seulement c’est simple, mais en plus ça semble logique. La nature est bien faite en général alors à quoi sert notre faim si c’est pas justement pour nous guider dans la quantité de nourriture à manger pour satisfaire nos besoins ?

Ouais… Sauf que quand j’examine pourquoi je mange, c’est pas souvent parce que j’ai faim.

Alors qu’est ce qui fait que je vais m’attaquer au paquet de Prince de Lu, voire boulotter en cachette tout le chocolat de Pâques de mon aîné qui l’a conservé dans un petit tiroir depuis des semaines même que ça me travaille depuis plusieurs jours parce que merde, le chocolat c’est fait pour manger bordel, il doit encore tenir ça de son père, foutu gènes !

1. La faim. Oui quand même. Il arrive que je mange parce que juste j’ai faim. Sauf que chez moi, la faim c’est pas juste un gentil « tiens j’ai faim… » c’est plutôt un impérieux « oh putain j’ai faim, j’ai la tête qui tourne, ça me tord le ventre, je vais tomber dans les pommes, je le sens, aide moi mon amour, je suis en hypoglycémie, y a des gens qui meurent d’hypoglycémie non ? oh putain c’est sûr, je vais crever si je mange pas tout de suite ! »

Et dans ces cas là, je ne peux que me jeter sur la nourriture, n’importe laquelle, mais de préférence grasse et sucrée. Et surtout j’arrête pas avant de m’être rempli le bide jusqu’à ras bord pour retarder au maximum la faim qui revient et cette sensation horrible que je vais y laisser ma peau.

2. L’ennui. Manger, ça occupe. Faire à manger aussi. C’est samedi matin, les enfants jouent à l’ordi, mon homme dort encore, je suis toute seule, rien à faire – enfin rien d’intéressant parce qu’évidemment qu’en tant que mère de 3 enfants, y a toujours un slip mouillé à changer, une cage de lapin à nettoyer, une machine à pendre, un chiotte à récurer, un tas de trucs transcendants a faire… Alors pourquoi pas concocter un bon petit repas pour ce midi ? Mine de rien, feuilleter des livres de recettes, trouver des plats qu’on a envie de faire et pour lesquels on a les ingrédients, se rendre compte que les seules recettes qu’on peut réaliser sont un crumble pomme poire et des cookies au chocolat blanc, ne pas réussir à choisir entre les 2, décider de faire les 2, éplucher, goûter, mesurer, verser, goûter, mélanger, goûter, remélanger, regoûter, beurer, fariner, verser à nouveau, lécher la cuillère, enfourner, lécher le saladier.. ça occupe.

Et puis c’est toujours bon pour l’estime de soi de voir ses enfants se régaler des bons gâteaux à l’amour au chocolat et aux bisous au sucre. On se sent utile, aimée, on est une bonne mère.

(Ah bon pour toi c’est pas ça la définition d’une bonne mère ?)

3. Le défi. Que ce soit le gentil « attention à ta ligne ma chérie » de ma mère, le souriant « 1 minute sur les lèvres, 10 ans sur les hanches ! » de ma belle-mère ou le regard réprobateur discret de mon homme quand je me ressert pour la troisième fois du cake alors que je viens juste de dire que « ouh, j’ai trop mangé », dans tous les cas ça me donne envie de manger. Je sais, c’est idiot, mais c’est comme si quelque part, je disais « tu vois, ça sert à rien du tout tes réflexions, ça marche pas du tout, donc tu peux arrêter ». Et c’est vraiment con parce qu’évidemment, la seule que je punis en fait, c’est moi.

4. L’énervement ou la colère. Ou le stress. Ou même la joie en fait. N’importe quelle émotion qui me fait un truc au ventre, que ce soit des papillons dans l’estomac parce que j’ai rendez vous pour un entretien d’embauche ou une boule de feu qui se consume au centre de mon ventre parce que ma boss m’a refusé l’augmentation que je mérite.

Dans ces cas-là, manger ça me calme. J’ai autant mal au ventre après, mais la douleur n’est pas la même, elle est plus supportable, je la connais mieux et je sais où elle mène.

(Oui, tu l’as deviné : aux toilettes)

5. La vitrine d’un pâtissier. Ou une boîte de chocolats. Ou un bon saucisson. Ou juste n’importe quoi qui a l’air bon et que merde, si je le mange pas tout de suite, les autres vont le faire, c’est sûr, regarde-les se jeter dessus déjà, faut que je me dépêche ! En plus je sais que je pourrai plus jamais en manger de ma vie entière de ce chocolat / gâteau / saucisson-là. Il FAUT que j’en mange, c’est une opportunité unique, à surtout ne pas laisser passer.

C’est pas gagné, c’est sûr…

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Commentaires des Lecteurs

comme je te comprends!!! je me reconnais dans tout e que tu écris là!!!

Une autre raison de manger:
1 : se procurer quelques instants de plaisir égoiste. ça fait du bien de penser à soi de tps en tps et de se faire plaisir! je sors rarement, je m’achète pas de fringues, je bois pas, je fume pas, alors je peux au moins m’empiffrer de chocolats non???
par le plaisir des sens culinaires, je me sens vivre!

2 : se punir. De toute façon, je suis grosse et moche alors comme un alcoolique, je mange pour oublier, pour m’oublier dans la nourriture. puis je me fais vomir, j’ai bien mérité cette torture pour avoir été faible!

3: parce que ça m’obsède! je rève que j’achète du chocolat en cachette, je vois du fromage qui danse entre les lignes de mon bouquin, et puis ttes ses pub à la télé et dans la rue… je ne peux plus penser à autre chose tant que je n’est pas mangé l’objet de mes désirs! Comment résister? si j’essaie, je créée une fausse faim pour me donner bonne conscience, mon estomac se mets à gargouiller!!

Et pourtant, quand je fais le régime je me sens forte et légère! prete à tout pour perdre les 15 kilos que j’ai repris depuis mon dernier régime…
Mais le plus dur est de s’y mettre, en sachant deja que de toute façon, ces kilos reviendront avec des petits copains dans 1 an ou 2… et que je serai au régime tte ma vie…alors pourquoi se presser? a quoi bon commencer?